Lettre J

Lettre J
Jeunesse

La jeunesse est la période de la vie qui suit l'enfance et précède l'âge adulte.


Ce qu'il faut savoir sur le jeune :

1. Le jeune est un rebelle : il s'habille comme tout le monde pour montrer qu'il est différent, écoute la même musique que tout le monde pour prouver qu'il a du goût, dit la même chose que tous les autres pour faire croire qu'il pense, et lit... Non, le jeune ne lit pas : il regarde le foot à la télé.

2. Le jeune est un parasite pour la société : il ne travaille pas, ne produit rien, coûte beaucoup d'argent. Il suit des études que ses parents (ou l'état si ses parents sont pauvres ou radins) paient très cher et dont il se fout complètement parce qu'il ne comprend pas que c'est son avenir qui s'y joue.

3. Le jeune est naïf : il croit que Stéphane Guillon est drôle et cynique, il croit qu'il peut changer le monde, il croit que Che Guevara était un poète, il croit que les BB Brunes sont des artistes, et certains croient même en la démocratie.

Le jeune est donc inutile, gênant et même dangereux. C'est pour ça que je clame aujourd'hui haut et fort : les jeunes, il faut les tuer à la naissance.

# Posté le samedi 23 février 2008 17:47

Modifié le jeudi 03 avril 2008 07:51

Lettre K

Lettre K
Kamikaze

Vient du japonais « Kamikaze », qu'on peut traduire, en gros, par kamikaze.


Dans la mythologie japonaise, le Kamikaze était un vent providentiel ayant sauvé le japon de l'invasion de la marine chinoise. Lors de l'avancée de la marine américaine durant la guerre du Pacifique, les dirigeants de l'armée impériale eurent l'idée lumineuse de désigner ainsi les pilotes qui allèrent se jeter en avion sur les navires américains. Afin d'inciter encore plus de jeunes gens à faire le grand plongeon, ils décrétèrent que c'était un grand honneur pour eux et leurs familles, et qu'ils y gagneraient une forte récompense dans l'au-delà ; tout en décrivant l'ennemi comme un être affreux, sans foi ni loi, inhumain, violant les femmes, mangeant les enfants, et aimant le foot. Les jeunes hommes allèrent donc joyeusement se suicider, au nom de l'Empereur et au cri de
« Tora tora tora !!!» (qui veut dire, en substance, « Prends-toi ça dans ta gueule, gros naze, et vas pourrir en enfer !!! » ; oui, le japonais est une langue très condensée...) pour les plus courageux, « Banzaï !!! » (qui se traduit par « Mômaaaaan, je veux pas !!! ») pour les plus clairvoyants.

De nos jours, où la raison a enfin pris le pas sur ces raisonnements moyenâgeux, on ne pourrait plus faire passer ce genre de choses. Quoique, en cherchant bien...

# Posté le lundi 03 mars 2008 17:24

Modifié le jeudi 03 avril 2008 07:52

Lettre L

Lettre L
Lapin

Le lapin est un quadrupède de l'ordre des rongeurs qui vit dans un terrier à l'état sauvage, un clapier à l'état domestique, ou un lit de cresson à l'étal du boucher.


Bien que cela nous écarte un peu de notre sujet du jour, je ne peux m'empêcher de vous narrer une petite anecdote toute empreinte d'exquise tendresse surannée et de charme bucolique.

Jean-Claude Dupont était un homme charmant ; on n'aurait pu trouver dans tout Paris une personne ayant une seule raison d'entretenir le moindre grief contre lui. Aimable, affable, serviable, Jean-Claude Dupont avait tout pour plaire ; d'ailleurs, il travaillait comme médiateur pour un grand journal parisien : répondre aux questions des lecteurs, tel était son sacerdoce. Et il s'en acquittait avec un zèle religieux. Tout le monde connaissait sa réplique favorite, qu'il prononçait d'une voix douce mais néanmoins ferme : quand on lui posait une question, aussi gênante soit-elle, il répondait invariablement : « C'est une excellente question, je vous remercie de me l'avoir posée ».

Mais Jean-Claude Dupont avait un vice, qu'il s'efforçait de garder secret : il était masochiste. Il aimait la souffrance par-dessus tout. Son travail fini, il montait dans sa petite auto et se dirigeait vers le Bois de Boulogne. Il avait ses habitudes chez une femme violente, cruelle, qui l'obligeait à ramper dans la boue en écoutant Skyrock, puis à regarder du foot à la télé en mangeant du cassoulet 'premier prix' de Lidl ; elle terminait la soirée en le fouettant pendant qu'il lisait le Monde. Avant de repartir vers sa petite vie calme, bourgeoise et respectable, il l'embrassait sur ses deux joues barbues et la quittait en lançant joyeusement : « C'est une excellente douleur, je vous remercie de me l'avoir causée ».

Il lui arrivait parfois, surtout en plein hiver, de donner rendez-vous à de parfaites inconnues dans des endroits reculés et déserts. Il s'y rendait, un bouquet de fleur à la main, simplement vêtu d'un élégant costard. Arrivé au lieu du rendez-vous, il se plaçait dans un courant d'air et attendait. Le plus souvent, l'inconnue ne venait pas, et il restait là, debout, pendant des heures. Lorsque, épuisé par le froid et l'attente, il se décidait enfin à rentrer chez lui, il ne s'endormait jamais sans avoir téléphoné à l'inconnue en question, pour la remercier en ces termes : « C'est un excellent lapin, je vous remercie de me l'avoir posé ».

# Posté le jeudi 06 mars 2008 05:20

Modifié le samedi 05 juillet 2008 16:07

Lettre M

Lettre M
Médire

Action de dire le mal qu'on sait – ou qu'on croit savoir – de quelqu'un. A ne pas confondre avec la calomnie, qui consiste à dire du mal de quelqu'un alors qu'on sait pertinemment que c'est faux.


Quand un journaliste dévoile le contenu d'un SMS personnel d'un homme politique, sans vérifier ses sources, c'est de la médisance ; quand une prostituée accuse un homme politique local d'avoir participé à des soirées d'un style particulier avec la moitié des magistrats de la région, et qu'il s'avère que c'était inventé de toutes pièces, c'est de la calomnie ; quand une secrétaire à la Maison-Blanche affirme qu'il ne s'est rien passé entre elle et un homme politique fréquentant régulièrement ladite Maison, ce n'est ni de la médisance, ni de la calomnie. C'est un mensonge éhonté.

La médisance déshonore plus son auteur que sa cible.

La médisance peut se combattre sans difficultés : comme le dit si bien mon Chef favori, alias « bel homme », alias « patron », alias alias trois fois alias : « Le temps qu'on passe à dire des conneries, on le perd pas à dire du mal de son voisin ». Il n'a pas tort, et c'est pourquoi je raconte tant de conneries...

# Posté le lundi 10 mars 2008 06:55

Modifié le jeudi 03 avril 2008 11:03

Lettre N

Lettre N
Nyctalope

Personne qui voit dans la nuit sans avoir besoin d'utiliser une lampe, ou d'attendre qu'il fasse jour.


Parodions maintenant un fameux dialogue issu du Donjon de Naheulbeuk :

L'elfe : Ne vous inquiétez pas, je passe devant : je suis nyctalope.
Le nain : Ouais, on sait que t'es une connasse !

Délicieusement absurde, non ?


Sur une idée de V. que je remercie au passage : je séchais méchamment, sur le coup...

# Posté le lundi 17 mars 2008 08:20

Modifié le jeudi 03 avril 2008 11:04